Chuzelles blason de Chuzelles Histoire et Patrimoine

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Découverte et valorisation

Une promenade de deux ou trois kilomètres dans un secteur de la commune montre à l’évidence que le patrimoine est une notion plurielle . On a bien affaire à des patrimoines. La tendance est de ne voir le patrimoine que sous l’angle du bâti, de préférence monumental. Or il y a certes,du bâti industriel, religieux, agricole, mais il y a aussi les volets de l‘archéologique, du végétal, du paysager, sans oublier, dans nos préoccupations, la dimension patoisante - en rappelant que le parler local s’inscrit dans les frontières du franco-provençal. Sans oublier non plus l’olfactif & le sonore : deux domaines s’ouvrant à la recherche des odeurs perdues et des bruits perdus, témoignages de l’activité humaine agricole & artisanale. On se situe à la jonction du naturel & du culturel. 

Toutefois dans cette énumération, on frôle le « Je ne sais quoi » et/ou « le presque rien » ; Les éléments patrimoniaux sont diffus, cachés, enfouis, en creux… fragiles & vulnérables.

C’est un patrimoine disséminé, éclaté, à l’image de l’habitat rural tel qu’il était jusqu’à une époque récente ou même tel qu’il reste dans beaucoup de communautés villageoises de la région viennoise , c’est-à-dire un habitat dispersé dans divers mas, hameaux, sous-territoires que l’on a parfois joliment appelé au XIXe siècle des écarts.

C’est un patrimoine modeste, à l’échelle des anciennes communautés qui constituaient les seigneuries locales. Modeste avec le défaut de la qualité, c’est-à-dire avec le danger d’être sous-estimé (significatif à cet égard le terme minorant de petit patrimoine), mais extraordinairement riche, très diversifié, chronologiquement très complet, même dans un périmètre réduit, quant aux époques représentées : le protohistorique avec les voies anciennes, le romain avec inscription, le médiéval avec pierres de remploi renvoyant au romain, les XVIIe & XVIIIe siècles avec les demeures & propriétés rurales de la bourgeoisie, de la petite noblesse & des ordres religieux de la métropole viennoise, le XIXe avec les ramifications de l’industrie textile & papetière. Si l’on élargit l’aperçu aux dimensions du village, l’éventail s’ouvre encore sur le mérovingien, sur l’industrie métallurgique du XVIIIe, jusqu’à un monument aux morts à tendance pacifiste, voire jusqu’à un Mille Club des années 60 du XXe siècle.
C’est un patrimoine certes très présent, mais aussi très diffus. Il est peu visible ; il manque, comme la mode est de le dire, de lisibilité. En fait, devant ce patrimoine, nous sommes dans une situation d’apprentissage de la lecture. Il nous faut apprendre à lire avec le principe du B A BA. On a les lettres, mais pas les mots encore moins une phrase. On a quelques notes, mais pas de ligne mélodique. Reconstituer la cohérence des éléments, soit des éléments entre eux, soit des éléments divers avec l’ensemble d’un territoire autour de la métropole allobrogique, contribuera à le rendre perceptible & vivant.

Nous sommes face à une série de traces & de signes qui n’ont rien d’ostensible & encore moins d’ostentatoire : des traces à déchiffrer ; des signes qui maillent, structurent, un territoire & lui donnent identité & sens (ex. : parcelles en lamelles pour vignes et zones semi marécageuses) & qui par là-même est vivant.

Bref, c’est souvent un patrimoine caché, littéralement à découvrir ; un patrimoine en « réseau dormant » que nous sommes quelques uns à vouloir tirer de sa somnolence & à rendre vivant. Dans ce patrimoine dormant, les archives communales ont une place de choix.

C’est surtout le patrimoine rural qui a été évoqué jusqu’à présent. De façon plus générale, le patrimoine peut être considéré comme un héritage, un legs des générations qui nous ont précédés, un « trésor public » qu’il serait dommage de dilapider. Il appartient aux générations actuelles de le gérer en « bon père de famille » pour les générations futures.

Ce patrimoine constitue un environnement dans lequel nous baignons en permanence, au point de ne pas, ou de ne plus, le percevoir. Pourquoi ne pas aller jusqu’à évoquer un socle commun sur lequel nous vivons tous, partagé par tous, sans le savoir ? Pourquoi pas, dès lors, penser à un socle du vivre ensemble, à un facteur de cohésion, voire d’intégration, garant d’unité dans la diversité des origines




 
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